L’Action Mondiale des Peuples

5ème Internationale Anarcho-Zapatiste ?

 

Profitant de la grande rupture du monde bipolaire (1989-91), les USA mettent en place le marché commun entre le Canada, les USA et le Mexique.

Ainsi les derniers fruits de la révolution mexicaine (comme les terres communales) sont menacés, avec pour conséquence la survie même de millions d'indigènes.

Le jour de l'entrée en vigueur de ce contrat, une guérilla jusque-là méconnue entre sur la scène politique mondiale avec un concept tout nouveau : ce sont les Zapatistes, qui occupent simultanément 4 villes au Chiapas, au sud du Mexique. Il ne veulent pas prendre le pouvoir de l’état, mais souhaitent simplement plus d’autonomie locale pour les indigènes, une vie digne, une vraie démocratie, la liberté et la justice pour tous.

Leurs idées radicales, venant des racines millénaires de leur culture, a des répercussions mondiales, surtout en Europe et en Amérique. Tout un réseau des groupes de base se met en place pour lutter ensemble contre le capitalisme, aujourd'hui nommé "neoliberalisme". Deux conférences Intergalactiques sont organisées, l'une au cœur de la rébellion zapatiste au Chiapas en 1996, et la deuxième en Espagne 1997.

Lors de la conférence à Genève en 1998, ce réseau, constitué d'organisations de paysans d'Amérique Latine et d’Inde, fondent l’Action Mondiale des Peuples (AMP ou PGA en anglais), pour coordonner des actions de résistance.

A Seattle comme a Genova ou Prague, l'AMP fut la force motrice des actions, sans que ce réseau très flou et sans bureau central fut médiatisé comme organisateur. Ce manque de visibilité du mouvement appelé "antimondialiste" par la presse fut vite rempli par des personnalités très médiatisées comme Danielle Mitterand ou l’organisation ATTAC.

 

Avec le Forum Social Mondial de Porto Allegre, depuis deux ans, le mouvement contre le capitalisme, renommé "neoliberalisme" s'appuie sur des événements hautement médiatisés, englobant une participation hétéroclite, que les diverses parties de la gauche autoritaire essaient de récupérer pour leur propres intérêts, et que les partis socio-démocrates essaient de le contrôler.

La même chose peut se dire pour la conférence de Firenze, en Italie au mois d'octobre 2002 et le Forum Social Belge : il s'agit d'espaces de dialogues mais aussi de luttes de terrain entre groupes de gauche autoritaires et centralisés et "OPG’s" (Organisations Presque Gouvernementales, mal nommeés ONG’s). Ce type de forum peut vite devenir des espaces d’exclusion de tous les mouvements trop radicaux et trop proches de la base.

Le mouvement anarchiste européen, qui, lui aussi, souffre souvent d’une vision eurocentriste et d'un manque de présence de femmes, d'immigrés et même de classe ouvrière est bien avisé en s’approchant de la structure decentralisée et horizontale de l'Action Mondiale des Peuples, pour unir les forces globales contre le capitalisme écrasant les bases de notre vie, et pour mieux résister ensemble. Ainsi pourrait-il se constituer une véritable nouvelle Internationale Anarcho-Zapatiste, un mouvement hétéroclite, mais uni dans des aspirations d'autonomie, de décentralisation, de rejet du capitalisme, du racisme et du patriarchat, et surtout uni dans l’action.

 

Principes de l'AMP

1. Un rejet très clair du féodalisme, du capitalisme, et de l'impérialisme, ainsi que de tous les accords commerciaux, institutions et gouvernements promoteurs d'une mondialisation destructrice.

2. Un rejet très clair de toutes formes et systèmes de domination et de discrimination dont (notamment) le patriarcat, le racisme et les fondamentalismes religieux de toutes croyances.  Nous reconnaissons la dignité entière de tous les êtres humains.

3. Une attitude de confrontation, puisque nous ne pensons pas que le " lobbying " puisse avoir un impact majeur sur des organisations à tel point partiales et antidémocratiques, pour lesquelles le capital transnational est le seul facteur réel déterminant leur politique.

4. Un appel à l'action directe et à la désobéissance civile, au soutien aux luttes des mouvements sociaux, mettant en avant des formes de résistance qui maximisent le respect pour la vie et pour les droits des peuples opprimés, ainsi qu'à la construction d'alternatives locales au capitalisme mondial.

5. Une philosophie organisationnelle fondée sur la décentralisation et l'autonomie.

L'AMP est une coordination en constante évolution. Par exemple, le deuxième point central fut adopté à la deuxième conférence mondiale à Bangalore, India, pour distinguer l'AMP des organisations de l'extrême droite cherchant un espace politique pour disséminer leur rejet xénophobe de la globalisation.