APERÇU RAPIDE
SUR LES CRIMES DES PRÊTRES
OU
RELEVÉ exact des assassinats commis au nom de la Religion,
depuis la naissance du Christianisme jusqu'à nos jours
Les archives de la Révolution française [1794 ?]
1°) Les
prêtres juifs, devanciers de nos prêtres, firent périr par le fil de l'épée, ou
mettre en croix, trois cent mille hommes, pour avoir dansé autour du veau d'or,
etc.
2°) Les prêtres changèrent les
chrétiens en séditieux. Ils comptèrent deux cent mille martyrs : je compte deux
cent mille victimes de leur fanatisme.
3°) Les prêtres régnèrent avec
Constantin. Pendant six cent ans, on se bat pour des mots ; l'on peut compter au
plus bas cent mille hommes égorgés dans toutes ces querelles.
4°) Comptons seulement dans les
guerres des Sarrazins un million d'hommes.
5°) Le bon Roi Clovis, ce pieux
chrétien, à la sollicitation du pape et des évêques, fait égorger, pour sa
part, cent mille Ariens.
6°) Evaluons ce que les rois
Goths, Ostrogoths, Celtes, Francs, Gaulois ont fait périr, à cinq cent mille
hommes.
7°) Comptons cinquante ans de
guerre civile en France, vingt batailles, et la Saint-Barthélémy, voilà deux
millions d'hommes égorgés.
8°) Cent mille Vaudois voulant
ramener les évêques à la pauvreté évangélique ; ils arment le peuple contre
eux, et plus de cent mille hommes sont passés au fil de l'épée.
9°) Nous pouvons bien compter,
sans exagération, deux millions d'hommes péris dans la première croisade, tant
chrétiens que musulmans.
10°) Croisades particulières,
ordonnées par le Saint-Père contre les princes chrétiens, le schisme
d'Occident, la guerre des Hussites, les massacres de Cabrière, de Mérindol, des
Cévennes et d'Irlande, au plus bas deux cent mille hommes.
11°) La sainte Inquisition,
depuis son établissement, au moins trois cent mille hommes.
12°) Douze millions d'Américains,
assassinés pour la plus grande gloire de Dieu et l'édification de l'église.
13°) Au Japon, les Jésuites
firent égorger quatre cent mille hommes.
14°) Cent mille solitaires,
victimes de leur austérité fanatique.
15°) Assassinats commis, sous le
nom de jugement de Dieu, trente mille hommes.
Actuellement, supposons qu'il n'y
eût en Europe, depuis la naissance du christianisme jusqu'à nos jours, que neuf
millions de moines, de religieuses et de prêtres, voilà donc neuf millions
d'individus perdus pour la société. Comptons actuellement combien un moine peut
faire d'enfans ; combien ces enfans peuvent en procurer à leur tour, pendant
l'espace de dix-huit siècles ; supputons, avec la plus grande modération, ne
comptons que dix-huit millions d'être étouffés en germe par leur homicide
célibat.
Résumons : prêtres, chrétiens,
vous avez donné la mort à plus de trente-huit millions d'hommes.
D'après ce calcul vrai, que
l'histoire prouve à chaque page, que pensez-vous que l'homme sensible doit
croire d'une religion qui a fait commettre de telles horreurs ? Comment
voulez-vous qu'il la chérisse ? Arrachez-lui donc le cÏur, enlevez-lui tout
sentiment humain, ou ne trouvez point mauvais qu'il l'attaque sans cesse, qu'il
la combatte avec courage, qu'il ouvre les yeux à ses Concitoyens, sur leurs
intérêts les plus chers ?
Les prêtres pour se laver, nous disent
: Ce n'est pas là la religion, c'est l'abus de la religion, ou pour mieux dire
l'ambition ou l'avarice des papes et du clergé, qui les ont porté à ces excès
dont gémit la religion elle-même.
Eh ! Que m'importe le motif qui
les fait agir, lorsque le résultat est le massacre de nos semblables ! lorsque
celui qui se dit l'Oracle et le représentant de Dieu sur la terre, me dépouille
en son nom, et m'arrache ce que j'ai de plus cher, tout en me pêchant
l'humilité et la paix ! que me font toutes ces belles paroles, tous ces mots
mystiques, toutes ces promesses d'un avenir heureux, lorsque ceux qui sont
chargés de me conduire, par la douceur et la patience, dans le chemin du salut,
m'y font traîner par des bourreaux, et encore viendront me dire avec cette impassibilité
qui tient de la férocité, que c'étoit un abus que la religion elle-même
condamnoit. Mais ceux qui sont morts, le sont-ils moins ? mais les larmes
qu'ils ont fait couler, ont-elle pu les tarir ? Ah ! loin de nous, ces hommes
sanguinaires, de quelque partis qu'ils soient, quelque secte qu'ils aient
embrassé, ce sont des monstres dans la nature ; car, ni la religion, ni la
liberté ne donnent le droit d'égorger son semblable.
RÉPUBLICAINS,
Les prêtres implacables,
ennemis des mortels,
Vils soutiens du despotisme, à l'ombre des autels,
Menteurs par habitude et fripons par essence,
Nous tromper, nous corrompre est le but de cette engeance.
Méfiez-vous donc des perfides instigations,
De ces hypocrites marchands d'absolutions,
Qui se disent les arbitres de vos destins
qu'en terme vulgaire, on appelle calotins,
Qui, au lieu de prêcher la paix et la concorde
N'ont cessé de souffler le feu de la discorde ;
Ces monstres pervers, suppôts de la vengeance,
sont les plus cruels ennemis de la France.
Ils détestent la Convention nationale,
Parce qu'elle a détruit la vermine papale ;
qu'elle a anéanti les abus féodaux,
Et qu'elle a décrété que nous étions égaux !
Amis, revenez de votre aveugle égarement,
Et n'ayez désormais pour point de ralliement
Que la représentation nationale,
Et au diable la ligue sacerdotale ;
Le sacerdoce, cet ennemi des humains,
Ose élever au ciel ses sinistres mains
Teintes du sang des malheureuses victimes,
Qui a trompé par ses complots et ses crimes.
Sa principale divinité est la fourbe,
Malheur à celui, qui sous son joug se courbe ;
Je ne prétends pas parler de tous les prêtres ;
Soyons justes, ils ne sont pas tous des traîtres ;
Mais, mes amis, les bons sont bien rares ;
Ils sont presque tous ambitieux et avares,
Prenant de toutes mains comme les procureurs ;
Enfin ils ont commis toutes sortes d'horreurs.
Républicains, appréciez la dignité de votre être,
Et ne soyez plus le vil esclave d'un prêtre :
Si votre femme veut qu'il vienne à la maison,
Ne le permettez pas, et cela pour raison :
Cycophantes astucieux, ils emprégnoient leurs cÏurs
Du poison du fanatisme et de ses erreurs ;
D'un fer homicide nous armant l'un contre l'autre,
Chacun d'eux, de Jésus, se dit fidèle apôtre.
Ils ont menti ; car Jésus était un Sans-culotte véridique
Qui ne fut jamais de cette infernale clique ;
Jésus étoit l'ami de la sainte vérité,
des bonnes mÏurs et de la douce Égalité.
Ennemi juré du pharisien voleur,
il l'eût été, sans doute, du prélat agioteur.
Jésus détestoit les scélérats et les traîtres,
Par conséquent il devoit haïr les prêtres !
Amis, voulez-vous vous préserver du fanatisme ?
(Voici la recette).
Avalez une bonne dose de civisme,
Douze grains d'émétique révolutionnaire,
Cela vous développera le caractère ;
Prenez aussi quelque potion de bon sens,
Et bientôt vous ne croirez plus aux revenans ;
Vous ne croirez plus que Dieu en créant l'univers,
Creusa pour ses enfans le gouffre des enfers ;
Et qu'il fit d'un jardin, chasser le premier homme,
Pour avoir d'un pommier détaché une pomme !
Que ce foible péché, par le père commis,
fut et sera toujours expié par le fils.
Par ces inventions de pieux assassins,
Ont conduit, à leur gré, la race des humains.
Chacun d'eux se disant du Vrai dieu l'interprête,
Des esprits et des biens ils firent la conquête ;
Et bientôt, pour servir leur plus vils intérêts,
L'homme connut par eux le plus noir des forfaits :
On vit au même instant aux deux bouts de la terre,
Le fils, au nom du ciel, assassiner son père ;
Et le père à son tour, suivant les mêmes lois,
De la nature en pleurs méconnaître la voix.
On le vit en mourant accorder à des prêtres,
Tous les biens fabuleux, le bien de ses ancêtres.
Ils priva ses enfans de leur propriété :
Et tout cela, dit-on, ce fut par piété :
Donnez, et vous aurez le ciel en héritage.
Tel fut de nos prélats, en tout temps, le langage....
Perfides charlatans, fuyez loin de mes yeux,
Et ne vous dites plus les organes des cieux,
Je ris de cette erreur, et mon cÏur qui l'abjure,
Ne connoit d'autre dieu que l'Auteur de la Nature
:
Ce Dieu que je révère (et de vous ignoré)
Sera toujours le seul digne d'être adoré.
PRÉCIS DE LA RELIGION
NATURELLE
O ! vous, que l'on a si long-temps abusé par des fables, tantôt pour vous retenir
sous le joug des tyrans, tantôt pour vous faire baisser humblement le front
devant des prêtres aussi fanatiques qu'ambitieux ; c'est à vous que je
m'adresse. La Liberté triomphe maintenant, et la Vérité doit triompher avec elle.
Vous n'écoutez plus la voix du tyran qui veut vous enchaîner ; n'écoutez plus,
de même, celle du prêtre qui vous trompe. Qu'ont-ils à vous enseigner, ces
prêtres de tant de religions ? l'erreur. Ecoutez la
nature, elle vous enseignera la vérité. Quand vous voyez l'univers, et l'ordre
admirable qui y règne, vous vous dites : C'est un Dieu qui l'a créé et qui le
gouverne. Quand vous avez rendu service à un homme, vous vous dites avec
satisfaction : Je devois obliger mon frère : Eh bien
! voilà la vraie religion, la vraie morale ; la nature
en grave les principes dans nos cÏurs.
Qu'est-ce que les prêtres vous
ont appris de plus et de meilleur ? Ils n'ont fait que corrompre ce qu'avoient
de sublime cette religion et cette morale. Ils ont donné à la Divinité les
passions et les foiblesses humaines. Ils ont bâti des
fables et ont dit aux hommes : Croyez ce que nous vous enseignons. Ils vous ont
dit : L'Homme, après avoir péché ne pût être sauvé que par la mort du fils de Dieu. Quelle
folie ! Dieu qui a créé l'homme et l'univers, ne peut pas sauver ce même homme,
si un autre Dieu, qui est son fils, ne vient sur la terre, ne se fait homme, et
ne meurt dans les supplices ? En vérité, il falloit
bien fonder sur la folie des hommes pour leur conter des sottises semblables
!...... Quoi ! Dieu ne peut sauver l'homme que par la mort de son fils ? Il
n'est donc pas tout-puissant, s'il est obligé de dégrader la Divinité pour
sauver l'ouvrage de ses mains, c'est-à-dire, pour faire beaucoup moins que
lorsqu'il le créa ? Prêtres sacrilèges ! n'avez-vous
pas craint d'attirer sur vous la colère divine, en détruisant ainsi la majesté
de l'Être-Suprême ?
Hommes simples ! soyez enfin éclairés ; n'estimez plus ces fables que ce
qu'elle valent ; rendez hommage à l'auteur de la nature ; mais oubliez le
Christ, la pomme que mangea Adam, les flammes de l'enfer, et tous les autres
contes semblables.
Entretenez les sentimens religieux dans vos familles, parce que ces sentimens nous sont naturels, qu'ils nous rendent heureux et
nous inspirent des vertus. Dites à vos enfans :
l'univers nous annonce un Dieu, adorez-le ; car c'est de lui que vous tenez le
jour ; aimez les hommes, car ils sont vos frères ; aimez la liberté, car Dieu
l'a donné à l'homme, et c'est un crime de la perdre. Voilà la vérité que vous
devez à vos enfans ; gardez-vous de leur inspirer
encore des erreurs qui, désormais, ne seraient plus que funestes ; vous leur
devez la vérité, je vous le répète, et la patrie qui veut des Citoyens sages
vous ordonne de la leur faire connoître. Ne cessez de
leur dire : ce n'est pas nous qui ramène le jour ou les ténêbres
; les saisons se succèdent sans que nous y songions. Nous ne pouvons faire
éclore les fleurs, ni jaunir les moissons ; ainsi, si ce n'est pas nous qui a
créé l'univers et régit les saisons, il y a donc un Être assez puissant qui l'a
fait. Oui, tout nous le prouve ; cet Être qui a créé l'univers, et qui le
gouverne avec tant de sagesse, nous l'appelons DIEU. Quelle est la nature de ce
Dieu ? je l'ignore.
Quand je vois une horloge, je ne
puis douter qu'un horloger l'a faite ; quand je vois l'univers, je ne puis
douter non plus qu'un Être-Suprême l'a
créé. [Cette idée sublime est de Voltaire, qui l'a imitée de Platon.]
J'ajouterai : si en voyant une horloge, je sais que c'est l'ouvrage d'un
horloger, ce n'est pas une raison pour que je sache de quelle figure, de quelle
taille est cet horloger que je n'ai jamais vu ; de même, si en voyant l'univers,, je ne puis douter de l'existence d'un Créateur suprême,
ce n'est pas une raison non plus pour que je sache qu'elle est la nature de ce
créateur.
Dieu est tout-puissant, bon et
juste ; voilà des faits dont je ne puis pas plus douter que de son existence.
Puisqu'il a créé et qu'il
gouverne tout, il est d'une puissance infinie pour nous.
Puisqu'il nous a créés, nous
procure ce qui nous est nécessaire ; et plus encore, puisqu'il nous a inspiré
l'amour du bien et la haine du mal, il n'y a point de doute qu'il ne soit bon ;
l'homme juste n'en doutera jamais ; le méchant fera peut-être quelquefois de
vains efforts pour en douter.
Je ne veux pas d'autres preuves
de sa justice que la satisfaction que me laisse une conscience tranquille, et
les remords que me donne le crime que je puis avoir commis. Voilà tout ce que
mon cÏur et ma raison m'apprennent sur la divinité.
F I N